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Alain Stanké : Y a-t-il une vie après la guerre ?

Alain Stanké : Y a-t-il une vie après la guerre ?

Posté le 07.12.2005 par snoopenlivres
Article mis en ligne le 7 décembre 2005 :

Si la littérature des camps a rempli abondamment les rayonnages de nos librairies, le témoignage qu’offre Alain Stanké dans Y a-t-il une vie après la guerre prend une place à part. Ce récit qui fait suite à Des barbelés dans ma mémoire évoque l’adolescence de l’auteur quand sorti vivant des camps, il débarque à Paris, sans parler un mot de français. L’autobiographe met au clair un point crucial de son écriture dès l’avant-propos : il écrit des souvenirs au présent, « un temps sans surprises où il [lui] est plus aisé de revivre les événements tels qu’ils se sont produits ». C’est bien là l’impasse formelle dans laquelle se trouve coincée l’écriture de Stanké : à la syntaxe hypocoristique inhérente à l’enfant qu’il était se superposent kyrielles de pensées d’adulte pimentées d’un vocabulaire riche et varié –sous couvert du discours indirect libre- que ne pouvait avoir l’adolescent d’alors. Néanmoins, au-delà de cet aspect stylistique, les pérégrinations de ce jeune rescapé des camps, contraint d’habiter un pays qui lui est en tout point étranger est pour le moins une expérience captivante. La force du discours de Stanké est de renvoyer la France à ses éternels démons : comment un pays qui a entériné ses principes suivant l’adage « liberté, égalité, fraternité » peut-elle à ce point le renier et repousser l’étranger, celui qu’on ne connaît pas et qui ne maîtrise pas notre langue ? La cruauté de l’enfance n’a qu’un effet grossissant, mais non déformant. C’est alors que ce récit trouve toute sa force ; non content de poser l’énigme, il trouve la solution : ne pas se laisser abattre et surpasser ceux qui nous ont jadis méprisés. Une leçon qui provient de l’après-guerre, et qui n’a jamais été autant en adéquation avec l’actualité…

Note : 4 étoiles



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